La mère et l'enfant

La mère et l'enfant

mercredi 25 septembre 2013

Les défis soulevés par la prévention de la transmission mère-enfant du VIH en Afrique


Transmission mère-enfant du VIH et rôle de l'allaitement maternel. La transmission mère-enfant du VIH peut survenir pendant la grossesse (in utero), au moment de l'accouchement (intra partum) ou pendant la période postnatale du fait de la pratique d'un allaitement maternel. Les taux de transmission et les parts attribuables d'acquisition du VIH par transmission mère-enfant pour chacune de ces trois modalités sont détaillés dans le Tableau I, pour des populations allaitantes avec un risque global de 25 à 50% et des populations où l'allaitement maternel n'est pas pratiqué où le risque est de 15 à 30%. Ces valeurs se rapportent à un contexte théorique où aucune intervention visant à réduire la transmission mère-enfant du VIH n'est mise en œuvre [7, 8]. La part attribuable à l'allaitement maternel de la transmission mère-enfant a été déterminée au Kenya dans le cadre d'un essai clinique randomisé sur les pratiques d'alimentation infantile où un groupe de femmes allaitaient, et les autres ne pratiquaient pas d'allaitement maternel [9]. La pratique d'un allaitement maternel était ainsi responsable de 44% des cas d'infection pédiatrique chez les enfants allaités. Une étude regroupant les données issues de neuf essais cliniques conduits en Afrique a récemment mis en évidence que le risque de transmission postnatale était de 8,9 pour 100 enfant-années d'allaitement [10]. Ce risque de transmission du VIH en postnatal est d'autant plus problématique qu'il perdure tant que l'allaitement maternel est pratiqué [11, 12]. Or, l'allaitement maternel est non seulement une pratique très courante en Afrique, mais il est souvent prolongé au-delà de la première année de vie. Ainsi, par exemple, plus de 90% des enfants sont encore allaités à l'âge de 15 mois au Burkina Faso [13]. Il en résulte alors un risque cumulatif élevé à la fin de l'allaitement. Les avancées dans la prévention de la transmission mère-enfant du VIH en peri-partum Les interventions visant à réduire la transmission mère-enfant du VIH autour de l'accouchement envisageables dans le contexte africain sont essentiellement basées sur l'utilisation de molécules antirétrovirales. Une autre option telle que la césarienne programmée a démontré son efficacité, en particulier en Europe de l'Ouest [14], mais n'est a priori pas envisageable de façon généralisée en Afrique du fait de l'inadaptation des structures de soins pour ce type d'intervention médicalisée [15]. Une efficacité en constante amélioration des régimes courts d'antirétroviraux administrés autour de l'accouchement Depuis 1998, plusieurs essais cliniques conduits en Afrique ont mis en évidence l'efficacité de régimes courts d'antirétroviraux administrés en peri-partum dans la réduction de la transmission mère-enfant du VIH autour de l'accouchement. Ces régimes reposaient sur l'utilisation de trois molécules antirétrovirales différentes : la zidovudine, la lamivudine et la névirapine, utilisées seules ou en combinaison. Les résultats de ces essais sont présentés dans le Tableau II. L'utilisation de la névirapine était facilitée par la nature même du régime reposant sur une seule dose donnée à la mère au début du travail puis à l'enfant à deux ou trois jours de vie. Une telle stratégie aboutissait à un taux de transmission mère-enfant de 12% à deux mois de vie [16]. La zidovudine donnée quotidiennement à la mère dès la 36ème semaine d'aménorrhée en étant poursuivie jusqu'à une semaine post-partum a permis d'aboutir à des taux de transmission mère-enfant du VIH autour de 15% à l'âge de six semaines [17, 18]. En association avec de la lamivudine, cette combinaison aboutit à des taux compris entre 6 et 9% [19, 20]. Il a par ailleurs été mis en évidence que la monothérapie de zidovudine donnée en peri-partum était d'autant plus efficace que les CD4 maternels étaient élevés [21]. Ceci souligne la nécessité de développer des stratégies adaptées au niveau d'immunodépression de la femme enceinte. Ces différents régimes courts d'antirétroviraux administrés aux mères en peri-partum ont été récemment comparés dans une analyse poolée ajustée sur les déterminants de la transmission mère-enfant [22]. Cette analyse a mis en évidence l'efficacité équivalente à 6-8 semaines des régimes de zidovudine en monothérapie et de névirapine en monodose (réduction de respectivement 45 et 40% du risque de transmission par rapport au placebo). Par ailleurs, la combinaison de zidovudine et lamivudine débutée dès la 36ème semaine d'aménorrhée était le régime le plus efficace, permettant une réduction de 70% du risque de transmission mère-enfant à 6-8 semaines par rapport au placebo. Dans un autre registre, l'étude NVAZ conduite au Malawi s'était plus spécifiquement intéressée à des femmes enceintes dont l'infection par le VIH avait été diagnostiquée trop tard pour recevoir les composantes pre et intra partum de ces régimes [23]. Cette étude visait ainsi à optimiser la prophylaxie antirétrovirale néonatale en comparant deux régimes : une dose de névirapine avec ou sans zidovudine pendant sept jours. A deux mois de vie, seuls 8% des enfants non infectés par le VIH à la naissance ayant reçu de la zidovudine et une dose de névirapine étaient infectés, contre 12% de ceux qui n'avaient reçu que de la névirapine (p=0,03). Par la suite, d'autres combinaisons antirétrovirales ont été évaluées selon d'autres schémas d'étude, en particulier au sein de l'étude de cohorte Ditrame Plus conduite en Côte d'Ivoire [24]. Un régime court de zidovudine et de lamivudine débuté chez la mère dès la 32ème semaine d'aménorrhée et poursuivi une semaine après la naissance, amplifié par une dose de névirapine au début du travail et associé à une semaine de zidovudine chez l'enfant, a ainsi permis d'aboutir à un risque résiduel de transmission de 4,7% à six semaines de vie. Cela correspond à une réduction de plus de 72% du risque de transmission en comparaison à celui des mères incluses dans l'essai Ditrame qui n'avaient reçu que de la zidovudine. Au Botswana, un régime court de zidovudine fut débuté chez les mères dès la 34ème semaine d'aménorrhée et poursuivi jusqu’à la naissance, tandis que les enfants recevaient une dose de névirapine à la naissance ainsi qu’une semaine de zidovudine. Par ailleurs, les femmes ont été randomisées pour recevoir soit une dose de névirapine au début du travail soit un placebo [25]. Les résultats rapportés dans le tableau I montrent des taux de transmission à un mois non statistiquement différents de 4,3% dans le bras névirapine et de 3.7% dans le bras placebo.

Les défis soulevés par la prévention de la transmission mère-enfant du VIH en Afrique


Le VIH est la principale cause de mortalité infantile en Afrique où 1700 enfants y sont infectés chaque jour, principalement du fait de la transmission mère-enfant. La prévention de ce risque constitue donc une priorité de santé publique. Des progrès considérables ont été réalisés au cours de ces dix dernières années pour prévenir le risque de transmission mère-enfant du VIH autour de l'accouchement an Afrique : l'utilisation de régimes courts d'antirétroviraux dès le troisième trimestre de grossesse permet d'obtenir des taux de transmission inférieurs à 5%. L'allaitement maternel qui est largement pratiqué de manière prolongée en Afrique est responsable d'un grand nombre d'infections par le VIH et diminue l'efficacité de ces interventions conduites autour de l'accouchement. Des interventions de type alternatives à l'allaitement maternel prolongé qui sont acceptables tant socialement qu'en terme de santé infantile permettent de réduire efficacement ce risque de transmission du VIH en postnatal. Mais la mise en œuvre opérationnelle de ces interventions postnatales reste à ce jour complexe. Des interventions antirétrovirales reposant sur la prophylaxie d'antirétroviraux chez la mère et l'enfant pendant la période d'allaitement ou sur la prise en charge clinique de la mère allaitante par multithérapie antirétrovirale sont porteuses d'espoir en terme de réduction de ce risque de transmission du VIH en postnatal mais restent à évaluer. La transmission mère-enfant du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est devenue un événement rare dans les pays les plus économiquement favorisés. Alors que le taux de transmission du VIH de la mère à l'enfant était estimé à 15% en 1994 en Europe [1], cette proportion y est actuellement inférieure à 1% du fait de l'efficacité des interventions prophylactiques mises en œuvre [2]. De nos jours, seuls quelques centaines d'enfants sont verticalement infectés par le VIH chaque année en Europe et aux Etats Unis, ce qui correspondrait à moins d'un cas d'infection par jour [3]. En revanche, le VIH est actuellement la principale cause de mortalité infantile en Afrique [4]. En effet, 1700 enfants sont infectés par le VIH chaque jour sur ce continent, en grande majorité du fait de la transmission mère-enfant [5]. En l'absence de prise en charge adaptée, plus de la moitié de ces enfants meurent avant d'avoir atteint l'âge de deux ans [6]. Face à ce constat, nous pouvons soulever les interrogations suivantes afin d'expliquer le contraste entre cette situation contrôlée en Europe et celle plus tragique en Afrique. Quel est le risque de transmission mère-enfant du VIH et quels en sont les déterminants ? Quelle est plus spécifiquement la place de la transmission du VIH par l'allaitement maternel dans l'explication de ce phénomène ? Quelles interventions sont envisageables pour réduire la transmission mère-enfant du VIH en Afrique ? Comment peut-on les évaluer dans leur contexte ? Quels obstacles s'opposent à la mise en œuvre opérationnelle de ces interventions ? La réponse à ces questions constitue l'objet de cette revue de la littérature.

Sante de la mère et de l’enfant: Huit pays africains lancent un nouveau programme(Sud Quotidien 03/07/2013 - 11:15) - See more at: http://fr.africatime.com/djibouti/articles/sante-de-la-mere-et-de-lenfant-huit-pays-africains-lancent-un-nouveau-programme#sthash.pMR8cBpg.dpuf


A 1000 jours de l’échéance fixée pour l’atteinte des objectifs de développement du millénaire(Omd), l’Afrique met les bouchées doubles pour inverser la tendance en matière de santé maternelle et néonatale qui ne donne pas de pronostic optimiste. C’est sur cette base qu’une rencontre internationale ouverte depuis hier à Dakar, entend faire le point des dernières recommandations retenues à Abuja. Une occasion saisie par les organisateurs pour annoncer que 40 millions de dollars sont mobilisés pour la mise en œuvre des plans directeurs des pays décidés à inverser radicalement les tendances défavorables de la santé en Afrique. Sauver 16 millions de vies des mères et des enfants d’ici 2015 est l’objectif visé par la communauté internationale. Mais pour y parvenir, il faudra nécessairement accroitre l’accès et l’utilisation des médicaments essentiels. La rencontre ministérielle d’Abuja tenue au mois d’octobre dernier avait émis de fortes recommandations pour l’utilisation de 13 produits vitaux indispensables à la santé de la mère et celle de l’enfant. Huit pays avaient été retenus pour élaborer des plans d'action : République Démocratique du Congo (RDC), Ethiopie, Sénégal, Sierra Leone, Nigeria, Ouganda, Tanzanie et Malawi. C’est pour faire le point sur ces différents plans nationaux qu’une conférence se tient à Dakar depuis hier mardi et qui regroupe les partenaires techniques et financiers ainsi que les experts africains. L’ouverture de cette rencontre a été l’occasion saisie par le secrétaire général du ministre de la Santé et de l’action sociale qui présidait la cérémonie pour rappeler l’urgence de trouver de manière dynamique et participative des mécanismes pouvant faciliter l’accès des populations les plus vulnérables à des soins de santé de qualité. C’est tout l’enjeu de ce programme dont le Sénégal se réjouit d’accueillir le partage par les pays signataires de l’état d’avancement du plan de sécurisation des produits vitaux à la mère et à l’enfant. «Les résultats des échanges qui sortiront des conclusions vont permettre de jauger la capacité des Etats à relever le défi du respect des engagements » a ajouté le représentant du ministre de la Santé en situant la grande responsabilité des acteurs présents et qui sont invités à concevoir globalement la sécurisation comme étant un ensemble d’interventions afin d’assurer la disponibilité et l’accessibilité des produits ciblés. Dans cette lancée, il a enfin salué l’action du secrétaire général des Nations Unies qui a mis en place une commission dédiée aux produits d’importance vitale pour la santé de la mère et de l’enfant. Le représentant de l’Unicef à son tour a dévoilé les stratégies de financement mis en œuvre par ces plans directeurs élaborés au niveau des Etats concernés. Ainsi pour la couverture des premières années, une quarantaine de millions de dollars a été mobilisée par la Banque Mondiale, le Fonds mondial et la coopération bilatérale. Mais ces fonds sont loin de couvrir tous les besoins des pays notamment pour le Nigéria et l’Ethiopie. Mais cela va au moins permettre d’engager l’offensive de plus prés en attendant d’autres fonds estimés à hauteur d’1 milliards de dollars nécessaires pour appuyer ces huit pays. Cependant, l’autre volet de ressources de financement est attendu des pays concernés. Avant d’inviter les pays à soutenir avec force une politique cohérente, le responsable du programme a cité parmi les produits identifiés d’importance vitale pour le planning familial, les implants pour la protection en longue durée, l’amoxiline comme antibiotique contre la pneumonie, l’ocytocine pour la déshydratation contre la diarrhée, entre autres produits pas chers mais qui ne sont pas assez accessibles. Cheikh Tidiane MBENGUE - See more at: http://fr.africatime.com/djibouti/articles/sante-de-la-mere-et-de-lenfant-huit-pays-africains-lancent-un-nouveau-programme#sthash.pMR8cBpg.dpuf