
Amnesty international Mali a animé une conférence sur la mortalité maternelle. Les discussions autour de ce thème est la suite logique de la campagne « exigeons la dignité initié par Amnesty International. Au mois de janvier, les activités se sont poursuivies en Sierra Léone et au Burkina Faso.
La mortalité maternelle est beaucoup plus élevée dans les pays en développement.
Le risque pour les femmes africaines de mourir en couches est 175 fois plus élevé que pour les femmes de régions développées
Les nouvelles données sur la mortalité maternelle réunies par l’OMS, l’UNICEF et le FNUAP montrent qu’une femme vivant en Afrique subsaharienne a une chance sur seize de mourir pendant la grossesse ou lors de l’accouchement contre 1/2800 pour une femme d’une région développée. C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport mondial sur la mortalité maternelle, publié aujourd’hui. Source Unicef
Sur les 529 000 décès maternels survenus, selon les estimations, en 2000, 95 % se sont produits en Afrique et en Asie, contre seulement 4 % (22 000) en Amérique latine et dans les Caraïbes, et moins de 1 % (2500) dans les régions plus développées.
L’expérience des programmes de santé maternelle qui ont fait leurs preuves montre qu’une grande partie de ces décès et de ces souffrances pourraient être évités si toutes les femmes étaient assistées lors de la grossesse et de l’accouchement par un agent de santé qualifié et si elles avaient accès à des soins médicaux d’urgence en cas de complications.

« De nombreuses femmes accouchent seules ou avec l’aide d’un membre de la famille ou d’une accoucheuse non qualifiée qui n’a pas les compétences pour traiter les complications de l’accouchement », a déclaré le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. « Il est essentiel de pouvoir compter sur des accoucheuses qualifiées, capables de reconnaître et de prévenir les problèmes médicaux et de dispenser des soins salvateurs ou d’évacuer la femme en cas de complications. Elles sont également en mesure de fournir aux mères des informations de base sur la façon dont elles doivent se prendre en charge et s’occuper de leurs enfants avant et après l’accouchement. »
La réduction de la mortalité maternelle est un facteur clé pour la survie et le développement de tous les enfants jusqu’à l’adolescence, notamment dans les pays les plus pauvres du monde.
« Ces nouvelles estimations montrent qu’un nombre inadmissible de femmes meurent encore en couches et qu’il est vital de développer l’accès aux soins obstétricaux d’urgence, surtout en Afrique subsaharienne », a déclaré le Directeur général de l’UNICEF, Mme Carol Bellamy. « La généralisation des soins obstétricaux d’urgence est indispensable si l’on veut réduire la mortalité maternelle. »
Le taux de mortalité maternelle, qui mesure le nombre de décès de femmes en raison de complications liées à la grossesse pour 100 000 naissances vivantes, a été estimé en 2000 au niveau mondial à 400 pour 100 000 naissances vivantes. Ventilé par région, ce taux est le plus élevé en Afrique (830), suivi par l’Asie à l’exclusion du Japon (330), l’Océanie à l’exclusion de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (240), l’Amérique latine et les Caraïbes (190) et les pays développés (20).
Au niveau mondial, 13 pays en développement totalisaient 70 % des décès maternels. Le chiffre le plus élevé concernait l’Inde avec 136 000 décès, suivie du Nigéria avec 37 000 décès.
En 2000, les responsables mondiaux ont décidé de réduire des trois quarts d’ici 2015 la mortalité maternelle, dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Mais il demeure difficile de suivre les progrès accomplis, sauf lorsqu’il existe un système complet d’enregistrement des décès, cause du décès comprise. C’est pourquoi l’utilisation d’indicateurs tels que la proportion de femmes ayant accouché en présence d’un personnel qualifié est essentielle pour suivre cette évolution.
La présence d’un personnel qualifié lors de l’accouchement dans les pays en développement a augmenté entre 1990 et 2000, passant de 42 à 52 %, ce qui laisserait entrevoir une diminution possible de la mortalité maternelle. Les conclusions font apparaître des progrès plus importants en Asie du Sud-Est et en Afrique du Nord et moins importants en Afrique subsaharienne, où les taux sont passés de 40 % en 1990 à 43 % en 2000.
La plupart des décès et des incapacités maternels résultent d’une ou plusieurs des trois causes suivantes :
* dépistage tardif des complications,
* arrivée tardive au centre médical ou administration tardive de soins de bonne qualité.
Les efforts déployés pour remédier à ces trois retards sont décisifs pour sauver les vies à la fois de la mère et de l’enfant. L’éducation en matière de planification familiale et la fourniture de services de planification familiale de qualité peuvent également contribuer à faire changer les choses.
« On pourrait sauver davantage de vies si les femmes avaient accès librement à des services de planification familiale pour espacer convenablement les naissances, si elles pouvaient accoucher en présence d’un personnel qualifié et si elles avaient accès à des soins obstétricaux d’urgence. MACC est attaché à réduire les taux élevés de mortalité et d’incapacité maternelles que l’on observe encore aujourd’hui » a déclaré Diane Nkeze, Presidente de MACC.
Le décès d’une mère pendant la grossesse ou l’accouchement est une tragédie humaine tant au niveau individuel qu’aux niveaux familial et social. Les chances de survie non seulement du nouveau-né mais également des autres enfants sont sensiblement réduites en cas de décès de la mère.
En tant qu'organisation non gouvernementale, MACC, s’engage à développer son action – tant individuellement que collectivement, en collaboration avec des partenaires – pour aider les pays Africains à renforcer leurs programmes de santé maternelle et infantile.
Au Sénégal le niveau de la mortalité maternelle est estimé à 510 décès pour 100.000 naissances vivantes. Cette situation est plus préoccupante au niveau des régions enclavées telles que Tambacounda et Kolda où le ratio de mortalité maternelle atteint 1.200 décès pour 100.000 naissances vivantes.
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